Les pays d'Afrique australe veulent sortir de la CITES

Les pays d'Afrique australe souhaitent quitter la CITES, afin de mener à leur façon, sur leurs territoires la gestion de leur faune sauvage. Cette revendication inclue la chasse d'espèces protégées et le commerce d'ivoire.

En tout, il ne reste plus que 415.000 pachydermes. ©RimDream

L'Afrique australe a évoqué récemment le souhait de quitter la convention internationale sur la protection des espèces protégées (CITES) pour vendre ses stocks d'ivoire. Cette revendication a été présentée lors de la réunion de la CITES qui s'est achevée à Genève. A plusieurs reprises, les pays de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), se sont exprimés concernant la gestion de leurs animaux sur leurs territoires.


Parmi la problématique il y a l'interdiction totale du commerce international de l'ivoire décrétée par la CITES pour protéger les éléphants du braconnage. En effet, l'Afrique australe veut vendre le stock d'ivoire prélevé sur ses animaux morts pour financer une politique de conservation dont elle n'a plus les moyens puisqu'elle s'est enfoncée dans la crise économique.


Si cela arrivait, ça aurait pour conséquence de relancer le braconnage d’éléphant sur tout le continent. Pourtant, il est important de rappeler que chaque année plus de 40.000 éléphants meurent en raison du trafic d'Ivoire. Ces dix dernières années, leur population mondiale s'est d'ailleurs vue tomber à 415.000 individus. Il est donc impensable pour les ONG, face à cette réalité, que les revendications de la SADC soit envisagées. De plus, il semblerait qu'elles ne se limitent pas qu'au commerce de l'ivoire. Trafic d'éléphants, chasse aux espèces protégées... Aujourd’hui, les pays africains de la SADC en ont plus que marre de se laisser diriger concernant la gestion de leur faune. Ils accusent ainsi la CITES d'avoir limité les possibilités de vente des éléphants pour des zoos, ou encore de s'opposer à la chasse d'espèces menacées que les pays d'Afrique australe jugent nécessaire pour contrôler les populations d'animaux sauvages et limiter les menaces qu'elles font peser sur les populations et leurs récoltes. C'est d'ailleurs pour ces mêmes raisons que le Botswana vient justement de lever un moratoire sur la chasse aux éléphants. Bien entendu, toutes ces demandes ont été rejetées des autres délégués des 180 pays présents à Genève et face à la résistance actuelle de ces derniers et des ONG du monde entier, le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa s'est indigné: "les Européens ont laissé disparaître tous leurs animaux mais ils veulent imposer des règles à ceux qui ont réussi à protéger les leurs".

Ainsi et pour le moment, concernant la sortie éventuelle de la CITES par l'Afrique australe (bien que les revendications se soient heurtées à un "non" catégorique) il est important de noter que la SADC pourrait tout de même se réunir fin 2020 pour se décider. C'est notamment ce qui a été suggéré par le ministre tanzanien de l'Environnement George Simbachawene. "Il est temps de nous interroger sur les bénéfices que nous retirons de notre appartenance à la CITES", a-t-il menacé.


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