Les Korowai, le peuple qui vit au sommet des arbres

En Indonésie, dans l’Iran Jaya, vit la tribu des Korowai, peuple autochtone estimé à 2800 individus en 2010, totalement isolés du reste du monde jusqu’à il y a une trentaine d’années. Dans certains fantasmes occidentaux, ils ont une réputation d’anthropophage. Mais ce qui fascine réellement, c’est leur habitat; des cabanes perchées à presque une quarantaine de mètres de hauteur, surplombant les terres humides de la côte méridionale.


L'habitation est au centre de la vie Korowai. Crédit photo: Sergey Uryadnikov

Les Korowai sont un peuple de chasseurs-cueilleurs vivants en clans de quelques individus plutôt qu’en village. Dans les années 80, à la suite de leur rencontre avec les missionnaires chrétiens, le gouvernement indonésien a fait construire des villages pour que les Korowai christianisés puissent s’installer. Cependant, cela les éloigne terriblement de la transmission de leur tradition.


Car en effet, dans la culture Korowai, l’habitat tient une place centrale. Il s’agit de maisons en bois, bambous, et feuilles, construites à la cime des arbres, loin des moustiques et autres parasites du sol. Les clairières autour sont rasées, pour permettre de voir l’ennemi arriver, et éviter les sangliers et les serpents. Perchées à une hauteur variant de 10 à 40mètres, la durée de vie des maisons est la référence calendaire de la vie Korowai: l’habitation est construite en 1 à 2 jours, et reste active et vivante durant 3 à 5 ans. La vie s’écoule dans le clan en comptant le nombre de maisons habitées; dans chacune, il y a une dizaine de personnes, et les maisons des hommes et des femmes sont séparées. Construire sa propre maison est un évènement essentiel pour les Korowai; il faut choisir un arbre porteur, l’élaguer … tout est ritualisé. Une difficulté est de monter dans leurs maisons: pour se faire, ils utilisent un tronc de bois taillé d’encoches. Le nom "Korowai" signifie d’ailleurs « qui a des jambes robustes ».



Quand on parle d’ennemis, le terme est à nuancer; il s’agit surtout de se protéger des bêtes sauvages. Le peuple Korowai est absolument pacifiste, si ce n’est quelques rixes entre clans, qui apparaissent principalement à cause des conflits liés à la sorcellerie. Et d’ailleurs, une justice anthropophage a longtemps puni ces actes de sorcellerie, d’où la réputation du peuple.


Il a été rapporté par des missionnaires et autres explorateurs que les Korowai auraient pratiqué l’anthropophagie jusqu’à la fin du 20e siècle. Selon les anthropologues, c’est une information qu’il faut relativiser; le cannibalisme ne serait pas vraiment inscrit dans les pratiques, mais plutôt dans une sorte de folklore. Ceux qui étaient possédés par un khakhua, un mauvais esprit, auraient pu être tués puis mangé. Certains ennemis venus à l’attaque du clan auraient probablement pu être mangés aussi; selon certains, ç’aurait été pour absorber le mauvais esprit en mangeant le cerveau. Selon d’autres Korowai, c’est plutôt parce que « ça a bon goût ». Quoiqu’il en soit, n’en déplaise à certains fantasmes occidentaux du monde moderne, les Korowai ne tuent pas et ne dévorent pas les inconnus venus sur leurs terres.


C’est un peuple éparpillé en clans de 10 à 20 individus, dans la forêt équatoriale, une région marécageuse, couverte de rivières, ruisseaux, étangs … la pluie y tombe en abondance, et les rivières débordent largement. Ils font partie des 250 tribus qui habitent la grande île du pacifique,et ont un lien fort avec la forêt. C’est elle qui leur sert de maison, plus que les cabanes qu’ils construisent au sommet des arbres.


Crédit photo: Sergey Uryadnikov



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