Les Birmans mobilisés contre la construction de barrages chinois sur le fleuve principal du pays

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté lundi 22 avril 2019, dans l’Etat de Kachin, au nord de la Birmanie, pour protester contre la relance d'un projet de construction de plusieurs barrages, financé par la Chine, sur l’Ayeyarwaddy, le fleuve principal du pays, au bord duquel se situe la majorité de la population birmane.


Le peuple Kachin, qui vit au bord du fleuve dans le nord du pays, risque de subir des inondations à cause des barrages. Crédit photo : JekLi / Shutterstock

Le mouvement de protestation intervient quelques jours avant un voyage de la dirigeante du gouvernement, Aung San Suu Kyi, à Pékin pour un sommet sur les « Nouvelles routes de la soie », à l'initiative de la Chine. Ce projet de barrage entre d’ailleurs dans le projet chinois des « Nouvelles routes de la soie » en Birmanie, grâce à des financements chinois pour ces projets de barrages.


Les manifestants ont défilé avec des pancartes de protestations face à ces projets de barrages ou encore invitant à sauver ce fleuve sacré et mythique de la Birmanie. Les manifestations ont eu lieu dans les rues de Waimaw, une ville de l'Etat de Kachin, à 50 km du site potentiel du futur barrage. Le cortège a rassemblé entre 3500 et 4000 manifestants, et plusieurs milliers de personnes ont signé une pétition soutenant le rejet du barrage.


Le fleuve historique et central de Birmanie


Un contrat avait été signé en 2009 avec Pékin mais avec la période de transition du pays vers la démocratie, à partir de 2011, le mécontentement populaire a interrompu ce projet. Aujourd’hui le projet a repris, et il y a désormais 7 barrages prévus sur le fleuve Ayeyarwaddy (ou Irrawaddy) et ses affluents. C’est un fleuve historique de la Birmanie, qui fut longtemps la seule grande voie de communication entre le nord et le sud du pays et le foyer principal du peuple kachin, qui appelle d’ailleurs ce cours d’eau, le « Fleuve Mère ».

C’est au croisement de la rivière Mali et N’Mai, les deux affluents du Ayeyarwaddy, qu’il y a le plus gros projet de construction, le barrage de Myitsone, d'un coût de 3,6 milliards de dollars et qui doit générer une production électrique de 6.000 mégawatts.


La Kachin Environnemental Organization (KEO) et le Kachin development Networking Group (KDNG), composés d’acteurs civils de la région et d’experts environnementaux, ont rédigé un document s’opposant aux nombreux projets de barrages du nord de la Birmanie, dans l’Etat de Kachin. Ils critiquent la menace que représente le barrage s’il est terminé. En effet, son réservoir couvrira environ 766 km, engloutissant au moins 47 villages et obligeant plus de 10 000 Kachins à abandonner leur habitation.

En plus de provoquer des dégâts énormes pour l'environnement et peu de bénéfices au pays, surtout aux populations locales, les associations critiquent également le rôle de l’électricité produite. Les exemples précédents ont montré que l’électricité produite partait dans les grandes villes et n’aidait pas les populations locales. Le barrage de Lawpita dans l’Etat de Karenni envoie l’électricité produite vers Rangoon et Mandalay, les plus grandes villes du pays. Quant à l’Etat de Kachin, où a lieu la protestation actuelle, le barrage de Ching Hkrang terminé dans les années 1990, est principalement utilisé par des bases militaires.



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