Le climat: Futur moteur d’une migration de masse

Les rapports sur le réchauffement climatique s’enchaînent et se ressemblent. Une chose est sûre, les populations les plus pauvres seront les plus touchées. En conséquence, une migration climatique mondiale sans précédent est à prévoir d’ici 2050.


Le dernier rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) vient d’être publié ce lundi 8 octobre. Il met en avant les effets d’un réchauffement planétaire limité à 1,5°C. Mandatée lors de la COP 21 en 2015, cette coalition souligne les intérêts mondiaux d’atteindre de meilleurs objectifs. Rappelons que l’Accord de Paris a permis l’engagement de 195 pays dans le but de limiter le réchauffement global à 2°C d’ici 2100. Une mesure jugée désormais insuffisante. En effet, outre la disparition de milliers d’espèces animales et végétales, l’augmentation de la température aura des effets plus que néfastes sur la production agricole, l'alimentation en eau potable ou encore la montée des eaux dans certaines régions. Des régions déjà fortement touchées par la pauvreté. Un bouleversement climatique et des problèmes socio-économiques qui, d’après les experts, mèneront vers une migration de masse.


Selon Debra Roberts coprésidente d’un des groupes de travail «ce rapport présente aux décideurs et aux professionnels les informations dont ils ont besoin pour rendre des décisions relatives aux changements climatiques en tenant compte des spécificités locales et des besoins des populations». Pour d’autres experts, «la pauvreté et les inégalités vont augmenter en même temps que les températures... Mais limiter le réchauffement à 1,5°C réduirait de plusieurs centaines de millions le nombre de personnes concernées d’ici à 2050». Le GIEC entend démontrer que le changement climatique va devenir un véritable «moteur de migration». Des communautés entières vont fuir pour se tourner vers des zones plus viables et des ressources souvent essentielles à leur survie.


Actuellement, la Banque Mondiale estime, dans son rapport de mars dernier, que la planète comptera 143 millions de réfugiés climatiques d’ici 30 ans.


143 millions de réfugiés bientôt sur les routes


Le chiffre fait peur. Le rapport de la Banque Mondiale, publié il y a quelques mois, est alarmant. Les projections montrent que plus de 140 millions d’individus devront migrer pour des raisons environnementales au cours des trois prochaines décennies. L’étude tend à démontrer que certaines zones seront bien plus touchées que d’autres. L’Afrique subsaharienne, l’Asie du sud-est ou encore l’Amérique latine seront directement concernées par ces phénomènes démographiques.


Plusieurs exemples mettent en lumière

l’urgence de la situation. Le cas du Bangladesh est particulièrement évocateur concernant la montée des océans. Sachant que la moitié du pays se trouve seulement à cinq mètres au-dessus du niveau de la mer, on peut considérer qu’un habitant sur cinq deviendra «réfugié climatique» dans les années à venir.


Le continent africain ne sera pas mieux loti. En effet, la sécheresse devrait pousser des millions de personnes vers la ville. Dans la région du Sahel, les conditions de vie ou de production agricole deviendraient tout simplement impossibles. Une zone où les températures atteignent déjà les 50°C à l’ombre.

De plus, il est important de noter que ce rapport GroundsWell - Preparing for internal climate migration, ne prend en compte que 55% de la population issue de pays en développement. Si l’on devait réaliser une estimation sur la totalité de la planète, des régions développées et situées sur les côtes comme la Floride, et plus particulièrement la ville de Miami, seraient en première ligne de mire. Le nombre de «réfugiés climatiques» pourrait donc s’avérer bien plus important d’ici 2050.


Des solutions existent pour réduire le nombre de réfugiés


Les deux rapports publiés cette année concernant le réchauffement climatique s’accordent sur un point. Des mesures concrètes et «sans précédent» permettraient d’atténuer grandement le phénomène. La combinaison du développement de l’énergie renouvelable associée à une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre et à la création de plans de développement pour les régions les plus menacées semble être la bonne formule. Les rapports confirment que l’on pourrait réduire de 80% le nombre de «réfugiés climatiques» à venir.


L’objectif aujourd’hui est d’éviter que ces déplacements ne dégénèrent en crise humanitaire. «Nous avons à présent une petite fenêtre pour préparer le terrain à cette nouvelle réalité avant que les effets du changement climatique ne s’aggravent» a déclaré Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque Mondiale. Chaque pays devra également prendre des mesures en interne notamment pour la réorganisation des principales métropoles susceptibles d’accueillir un grand nombre de migrants. Des mesures onéreuses, tout d’abord, mais qui permettront par la suite, un meilleur développement de ces régions comme le précise la directrice de l’organisation. «Les mesures prises par les villes comme gérer l’affluence en provenance des zones rurales, augmenter les opportunités d’éducation, de formation et d’emploi seront bénéfiques sur le long terme».


Le nombre de réfugiés à l’échelle planétaire est en constante augmentation depuis plusieurs années. Un phénomène que les pays dits développés ne définissent pas encore comme une véritable priorité. Il est clair que ces deux rapports s’attardent essentiellement sur les possibles flux migratoires internes et non transfrontaliers. Reste à savoir quelles seront les actions mises en place par les gouvernements pour gérer au maximum l’arrivée du «réfugié climatique».


Une réponse qui pourrait se faire plus tôt que prévu. La prochaine conférence mondiale sur l’environnement, la COP 23, est programmée en décembre prochain en Pologne.


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