L'Irezumi, tatouage japonais traditionnel: art noble ou marque criminelle ?

L’irzeumi, c’est l’art du tatouage japonais; ces immenses pièces colorées qui ornent les corps, pleines de motifs, d’animaux, de personnes, impressionnent, et sont considérées tout du moins en occident comme oeuvre d’art à part entière; car oui, le tatouage japonais est plus répandu en dehors de ses frontières qu’il ne l’est dans son pays d’origine. Petit aperçu d’une pratique ancestrale à l’histoire vagabonde.


La Geisha est symbole des arts traditionnels japonais; l'art, la conversation, la danse, la musique ... elle représente la beauté, l'élégance, la culture et le raffinement. Crédit photo: Manon Jack @ManonJackPhotographer

L’origine du tatouage au japonais remonte à des milliers d’années; il serait pratiqué depuis 10 000 ans avant Jésus-Christ, par le peuple Aïnou, la première société qui s’est installée sur l’archipel japonais, selon les archéologues. A priori, jusqu’à l’an 300, le tatouage a été pratiqué, dans un objectif social (particulièrement pour les hommes, afin de distinguer rang, religion, clans, etc.) mais aussi décoratif; les femmes commençaient à se faire tatouer dès l’âge de 6 ans.


Et puis, petit à petit, le tatouage a perdu de sa noblesse. Pendant l’ère Kofun et la période Edo, le tatouage est plutôt utilisé pour marquer et punir les criminels. D’ailleurs, pendant l’ère Meiji (1868) il est carrément interdit. Ce qui n’empêche pas les visiteurs occidentaux de quand même venir pour se faire tatouer ou apprendre l’art du tatouage auprès des locaux.


La pratique du tatouage sera de nouveau légalisée en 1945, mais son image a changé; avec les aléas de l’histoire, il n’est plus vraiment considéré comme un art par l’opinion publique, et le tatouage se retrouvera fortement associé à la mafia japonaise (les Yakuza) qui arbore des Irezumis comme signe d’appartenance. Aujourd’hui, dans la majorité des bains publics, des consens, des sales se sport et même dans certains hôtels traditionnels, les personnes tatouées se voient l’accès refusé.


Mais, partout ailleurs dans le monde, l’Irezumi traditionnel semble être considéré comme une oeuvre d’art. En occident notamment le tatouage japonais est peut-être le style le plus prisé et admiré. Et pour cause, sa réalisation est extrêmement ritualisée. Il s’agit d’une technique de tatouage traditionnelle, à la main, donc réalisée à l’aide d’une aiguille fixée au bout d’un manche, que le tatoueur, l’Horishi, va tremper successivement dans l’encre et enfoncer dans la peau, point par point.


Vous l’aurez compris, l’Irezumi est douloureux, et long. On compte en moyenne 5 à 10 ans pour en réaliser un. Mais aussi, il peut revenir très cher, jusqu’à 30 000 dollars. Et ce parce qu’il s’agit d’une seule et unique pièce, qui recouvre tout le corps. Une seule scène, principale, avec en arrière plan des éléments naturels, tels que des nuages, des vents, des roches, des vagues … et au premier plan, des images ayant une signification bien précise; la carpe, c’est le courage, le dragon, la sagesse et la maturité, la pivoine, la richesse, ou encore le chrysanthème qui symbolise la détermination. L’Irezumi, c’est une image, une scène, avec une profusion de symboles. D’ailleurs, l’artiste tatoueur signe son oeuvre lorsqu’elle est achevée.


L’Irezumi traditionnel s’exerce dans un cercle fermé; l’artiste-élève (Deshi) est formé par un maître tatoueur, et ce pendant de nombreuses années avant de devenir Horishi. Il va commencer par venir quelques fois par semaines observer, puis, les premiers mois, il devra apprendre les bonnes manières, et l’étiquette … tout est particulièrement ritualisé, et d’ailleurs les techniques de base, les dessins, les outils, les gestes et les méthodes sont inchangés depuis des siècles, excepté les techniques d’hygiène de stérilisation des outils.


C’est en tout logique que les Horishis soient quasiment tous japonais ou d’origine japonaise, bien que l’Irezumi soit une pratique presque clandestine dans son propre pays alors qu’il séduit énormément en Europe. Néanmoins, le tatouage souffrant encore de son image associée à la criminalité au Japon, la mafia et les criminels eux-mêmes cessent de plus en plus de se faire tatouer … Quoiqu’il en soit, l’art, par la transmission des maîtres aux élèves a survécu à son image, de prestigieuse à mafieuse, jusqu’à la prochaine inversion.


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