Des milliers d'années de pollution à Salsigne dans l'Aude

Mis à jour : 11 déc 2018


En 2013 le ministère de l’Environnement avait publié un tableau de 28 lieux particulièrement sensibles ayant des incidences graves sur l’environnement au niveau national, dont cinq sont situés en Languedoc-Roussillon et deux dans l'Aude.


P. BLOT/LEEMAGE

Parmi les plus connus, la mine d'or de Salsigne, fut à la fin du XXe siècle la plus importante mine d’or en Europe de l’Ouest, ayant produite 120 tonnes d’or, 397 000 tonnes d’arsenic ainsi que 1 708 tonnes de bismuth jusqu'à sa fermeture en 2004. Pourtant autant, elle reste au centre de l'actualité régionale. En effet l'Aude et plus particulièrement Salsigne sont connues pour être touchés par 11,6 millions de tonnes de résidus pollués, en particulier par l’arsenic. Le site de l'ancienne mine de Salsigne demeure l’un des plus pollués de France, avec des retombées sanitaires avérées pour les habitants qui se battent contre la préfecture depuis des années. Malgré l'obtention du détail des études du bureau de recherches géologique et minières (BRGM) auprès des autorités, la pollution à l'arsenic a longtemps été tenue secrète. Il aura effectivement fallut bon nombre de batailles pour que la vérité éclate autrefois, faisant l'objets de plusieurs scandales médiatiques. Des eaux gorgées d'arsenic Depuis, les relations entre les riverains et la préfecture de l’Aude sont souvent conflictuelles d’autant que le déni n'a pas rassuré toutes les consciences des riverains qui doutent encore aujourd'hui des répercutions de cette pollution des sols sur leur santé. En 2013 les études ont rapidement confirmé l’évidence: l’ancienne activité minière est bien à l’origine de la contamination importante de l’eau et des sols. Une association des Riverains de Salsigne a donc décidé de portant plainte pour "mise en danger d'autrui". Malgré des mesures mises en place, la population locale est la première intoxiquée par cet environnement pollué. 

En octobre dernier, la peur se propage à cause des inondation


Aujourd'hui l'Aude refait parler d'elle, suite au inondations d'octobre 2018 où une vague de pollution à l'arsenic est évoquée, laissant les habitants perplexes alors que la préfecture se veut rassurante.


Tout a commencé pendant les inondations d'octobre 2018, où les flots ravageurs avait fait céder des bassins de rétention remplis d’arsenic, de cyanure et de métaux lourds, polluant les villages traversés par la vallée encaissée de l’Orbiel. Ces bassins sont ceux qui entourent les déchets de la mine d’or de Salsigne fermée depuis 2004.


Après les inondations, un fût sur lequel était inscrit "arsenic" avait également été retrouvé échoué. Alimentant encore plus la peur des habitants. Le temps de savoir si il y avait un réel danger ou pas, ces derniers se voyaient déjà appelés à jeter jouets et objets qui avaient pu être contaminés. Finalement la panique fut rapidement contrôlée par la préfecture qui affirmait que le fût était vide quand il a été emporté. Elle a notamment indiqué qu’il n’y a pas eu de dégâts graves dans la "décharge" de la mine, ni de pollution de l’eau potable.


Mais le bras de fer entre la préfecture et certaines associations n'est pas terminé pour autant. Guy Augé, le président de l'association de défense des riverains de Salsigne ne s’affole pas. "Le ruisseau en bas de chez moi est blanc, signe que du gypse est descendu et peut-être autre chose, dit-il. Mais, vu le torrent, les quantités ont été diluées. C’est presque une bonne façon de dépolluer". Il prévient toutefois qu’il faudra bien analyser les dépôts en eaux basses quand le calme sera revenu.

François Espuche, de l’association environnementale Gratte papiers lui aussi habitué aux différents avec la préfecture, est moins optimiste. "Il est admis que l’Orbiel charrie environ huit tonnes d’arsenic par an. À mon avis, la crue a pu ajouter une ou deux tonnes supplémentaires, effectivement diluées". Mais, pour le militant, le vrai problème «c’est que le lit de l’Orbiel a été totalement décapé sur près de trois mètres de profondeur». Il estime que des sédiments, des particules et des boues, chargés d’arsenic et habituellement enfouis ont dévalé. "Il y a forcément un endroit en aval où ces déchets sont allés s’accumuler», poursuit-il, en conseillant à celui qui a hérité de ces matériaux, a priori naturels, de ne « pas consommer les légumes de son jardin". On ne saura donc pas le mot de la fin avec certitude concernant les conséquences de ces incidents, mais nous suivrons les répercutions de près quand les retombées permettront de meilleures analyses. Affaire à suivre...


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