Changements climatiques: 30% d'Himalaya condamné d'ici la fin du siècle

Considérée comme le 3e pôle après l’Arctique et l’Antarctique, la chaîne de l’Hindou-Kouch-Himalaya est une grande victime du réchauffement climatique; selon une récente étude, au moins 30% de ses glaciers auront fondu d’ici la fin du siècle, et c’est le scénario le plus optimiste.


Si l'émission des gaz à effet de serre n'est pas réduite au plus vite, c'est 60% des glaciers de l'Himalaya qui auront disparu d'ici la fin du siècle. Crédit photo: Matteo Giannati

La chaîne de l’Hindou-Kouch-Himalaya couvre plus de 3500 km, traverse 8 pays (Afghanistan, Népal, Chine, Bhoutan, Inde, Birmanie, Pakistan, Bangladesh ) et ses glaciers irriguent les 10 plus importants fleuves du monde ( Gange, Indus, Mékong, Yantsé, et le fleuve Jaune ), qui eux-mêmes abreuvent des régions qui abritent plus de 1,5 milliard d’habitants.


Cette région montagneuse formée il y a 70 millions d’années s’avère être particulièrement menacée par les changements climatiques; selon un rapport de l’ICIMOD (International Center for Integrated Moutains Development) publié le 4 février à la suite de 5 ans d’études menées par plus de 360 chercheurs et experts venus de 22 pays différents, les glaciers de l’Himalaya sont clairement condamnés.


En effet, comme le rapport le démontre, il est impératif d’agir rapidement, car 30% des glaciers sont déjà condamnés, mais si l’on ne fait rien, ce sera 60%. Le rythme des émissions des gaz à effet de serre doit être réduit de toute urgence, ou c’est 2/3 de l’Himalaya et l’Hindukush qui aura fondu d’ici la fin du siècle. Si l’on parvient à limiter la hausse moyenne de la température à 1,5°C, comme l’objectif le plus ambitieux qui avait été fixé par l’Accord de Paris en 2015, 1/3 des glaciers pourra être sauvé.


Le rapport insiste sur les conséquences désastreuses de la fonte de ces glaciers; le débit des cours d’eau, des fleuves, s’en retrouverait modifié, mais aussi l’irrigation dans les plaines. La fonte de milliers de kilomètres de glace mènera à de violentes précipitations et inondations. La pollution de l’air s’en retrouvera également aggravée, et les évènements climatiques extrêmes augmenteront. Évidemment, la production agricole est aussi menacée, car dépendante de l’eau pour l’irrigation, ce qui augmente par extension le risque d’insécurité alimentaire. La fonte de la couverture neigeuse du plateau tibétain aura un impact retentissant sur la circulation atmosphérique de surcroît, et donc sur les moussons.


Les zones les plus menacées sont les glaciers entre 3500 et 6000m d’altitude. L’Everest et le K2, qui culminent à plus de 8000m, seraient pour l’instant relativement épargnés.


Les auteurs du rapport estiment donc qu’il faudra investir énormément pour protéger l’Himalaya; de 3,2 à 4,6 milliards de dollars d’ici 2030 pour adapter les régions alentours au changement climatique, puis de 5,5 à 7,8 milliards d’ici 2050. Il est conseillé aux gouvernements et aux institutions de mettre rapidement en place des mesures stratégiques pour la gestion des ressources en eau, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et un meilleur contrôle de l’urbanisation.


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