Affaire du siècle: une réponse de l'État bien timide... Direction les tribunaux !

Comme à son habitude, le gouvernement français a attendu jusqu'à la dernière minute pour répondre aux ONG qui menaçaient jusqu'alors de déposer un recours, devant le Tribunal administratif de Paris, contre l'État français pour inaction face au réchauffement climatique. Le Premier ministre, Édouard Philippe, a reçu à Matignon, ce jeudi 14 février, les représentants des quatre associations à l'origine de la pétition en ligne baptisée l'Affaire du siècle. Malheureusement l'État n'entend pas revoir sa politique écologique. Les ONG, soutenues par plus de 2,1 millions de signataires, souhaitent désormais que l'affaire se règle devant les tribunaux.

Marche pour le climat à Paris en septembre 2018.

Le gouvernement français avait jusqu'au 17 février pour répondre à la demande préalable des quatre ONG concernant le manque de mesures significatives en faveur l'environnement. Il aura fallu pas moins de deux mois à l'État pour recevoir les représentants des associations qui l'accusent de carences fautives dans sa politique écologique. Pour autant, ne vous attendez pas à un mea culpa de nos élus...


Édouard Philippe, tout comme l'avait fait quelques semaines auparavant le ministre de la Transition écologique et solidaire (déclarations), a tenu tout d'abord à saluer la "mobilisation des français qui ont signé la pétition". Cependant, il n'a pas manqué de récuser les accusations d'inaction climatique. "La France est parmi les pays les plus actifs pour lutter contre le dérèglement climatique, et l'un des moins émetteurs des pays développés". Difficile d'imaginer alors comment se considèrent le Costa Rica ou encore les pays scandinaves si la France pense être parmi les territoires les plus avancés.


Les arguments déployés en faveur de la transition énergétique menée par le gouvernement restent bien minces. Dans un communiqué publié quelques heures après la réunion avec les ONG, le Premier ministre met en avant l'arrêt programmé des centrales à charbon d'ici 2022, l'accélération du développement des énergies renouvelables, l'objectif de neutralité carbone en 2050 ou encore le plan de sortie des chaudières au fioul... Malheureusement, comme le confirment les scientifiques, aucune de ces mesures n'est viable dans l'état actuel des choses. De plus, certaines zones à l'image de la Guyane ou encore de la Nouvelle-Calédonie semblent payer le prix de cette transition, pour le moment surtout métropolitaine.


"L'État français ne tient pas les objectifs qu'il s'est lui-même fixés sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre de la France, le développement des énergies renouvelables ou l'amélioration de l'efficacité énergétique" déplorent de leur côté les ONG à l'origine de l'Affaire du siècle. Tous demandent une fiscalité plus écologique, plus juste et plus redistributive. Mais aussi, «un service public de la rénovation des logements» et «donner à toutes et tous la possibilité de se déplacer sans polluer, de se nourrir de manière saine et durable». Des demandes qui semblent donc extrêmement légitimes au XXIème siècle dans un pays dit développé.


En conclusion, la réunion à Matignon et la lettre de 10 pages envoyée par François de Rugy aux associations ce vendredi 15 février ne semblent pas avoir permis d'améliorer les discussions. Les ONG souhaitent désormais poursuivre le combat devant les tribunaux. Reste à savoir si la mobilisation historique de plus de 2 millions de personnes aura une quelconque influence sur le jugement qui sera rendu dans ce dossier.


N'oubliez pas de soutenir l'Affaire du siècle

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