A Rouen, les inquiétudes persistent après l’incendie de Lubrizol

Peu convaincus par l’absence de danger depuis l’incendie de l’usine chimique, deux mille personnes ont manifesté, mardi, « pour exiger la vérité ».

L'incendie du garage Opel de Rouen vu d'un appartement voisin / © Photo : Eloïse MARTIN

Après le passage du nuage noir formé par l’incendie de l’usine Lubrizol, l’inquiétude persiste malgré la volonté de « transparence » affichée par le gouvernement et la préfecture de Seine-Maritime.

En deux jours, deux manifestations ont eu lieu « pour exiger la vérité » sur l’incident survenu dans le site de production d’additifs. Ces événements ont regroupé près de 2 000 personnes devant la préfecture de Rouen, où le préfet de Normandie constatait quelques minutes avant l’arrivée du cortège « un climat de suspicion généralisée » autour de l’incendie du 26 septembre.


« Quel serait l’intérêt des pouvoirs publics de mentir », s’est demandé Pierre-André Durand devant les journalistes, avant d’assurer que « beaucoup de “fake news” circulent » depuis le passage de l’épaisse fumée d’hydrocarbures sur l’agglomération rouennaise et de nombreuses communes du nord du département.


« Prélèvements dans le sol et l’eau »

De nombreux habitants ont en effet constaté après l’incendie des pluies noires ou traces de suies près de chez eux.


Sur la base notamment de ces signalements, les services de l’Etat ont décidé de procéder aujourd’hui à des prélèvements dans le sol et l’eau de 25 communes, soit cinq dans chaque département de la région (Nord, Pas-de-Calais, Oise, Aisne, Somme). Une première campagne de prélèvements avait été réalisée dans les 24 heures suivant le sinistre, sur la base d’une modélisation de trajectoire des vents.


"On attend toujours des réponses à nos questions"

"Les autorités ont fait preuve d’un grand amateurisme" - dénonce Jean-Baptiste Chalvet, professeur d’EPS au collège Fernand-Léger de Petit-Quevilly (Seine-Maritime) au micro de FranceTV - "Notre établissement est situé à 600 mètres du site de Lubrizol et il n’a pas été officiellement fermé jeudi et vendredi. Comment voulez-vous que l'on fasse faire du sport aux gamins dans ces conditions ?" Face aux doutes et aux craintes, le professeur et une grande partie de ses collègues ont même décidé d'exercer leur droit de retrait lundi et mardi.


D'autres n'ont pas eu le choix. Ils ont dû continuer leur activité, malgré le flou. "Les abeilles sont en train de récolter des miels sur le lierre et sur les jachères. Mais on attend toujours des réponses à nos questions, on voudrait savoir ce qu’il y avait dans les fûts", explique Jean Marie Ledoux, apiculteur, venu en tenue de travail. Depuis le 26 septembre, son miel est consigné, jusqu'à obtention de garanties sanitaires.


Une liste des produits chimiques peu convaincante:


Malgré la proximité, peu de manifestants semblent au courant des nouveaux éléments fournis un peu plus tôt par la préfecture concernant le sinistre. La liste des 5 253 tonnes de produits chimiques qui ont brûlé dans l'incendie a ainsi été publiée. Quelques militants ont tout de même pris la peine de lire ces dernières nouvelles. C'est le cas de Guillaume Blavette, membre de l'association France Nature Environnement. Mais le résultat ne le satisfait pas, selon lui: "Les informations ne sont ni complètes, ni sincères !" La confiance est encore loin d'être revenue.


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